Communiqué de presse : l’incendie n’était pas accidentel.

Publié le par strawdlabale

Hier, le 27 septembre 2010, le juge d’instruction a clôturé l’enquête sur
l’incendie de la Maison de paille de Lausanne survenu le 21 décembre 2007 à 03h50, en prononçant un non-lieu suite à notre plainte contre inconnu pour incendie volontaire. Selon le communiqué envoyé aux médias dans l’après-midi, « la thèse première de l’origine accidentelle du sinistre s’avère (...) la plus vraisemblable ». C’est une imposture.

 

Trois ans d’enquête ?!?

 

Selon le communiqué du Corps de police lausannois du 21.12.2007, le jour même de l’incendie, « les inspecteurs de l’identité judiciaire ont terminé leur travail d’enquête vers 13h. L’hypothèse de l’accident provoqué par un poêle en fonction est la plus crédible. »

L’hypothèse de la braise ne venait pas des enquêteurs. En vérité, ils n’ont pas enquêté sur l’origine de l’incendie mais juste cherché, à la va-vite, une confirmation à l’hypothèse la plus arrangeante. Les experts de la police scientifique, mandatés un mois après l’incendie, ont juste effectué quelques analyses tardives. Puis ils ont attendu un an avant de transmettre leur rapport au juge, qui a mis un an supplémentaire à nous l’envoyer. Les « trois ans d’enquête » ont surtout consisté en une enquête dormante.

 

Aujourd’hui, tous les médias titrent : « L’incendie de la maison de paille était un accident. » Cette thèse de l’accident dû à une braise tombée du poêle est soutenue par deux hypothèses, dont aucune n’est étayée. La première, celle des inspecteurs, prétend que le dessus des poutres a davantage brûlé à l’emplacement du poêle qu’ailleurs, ce qui est faux. En nous rendant sur les lieux peu après l’incendie, il était clair que c’était la deuxième poutre dans le coin Sud qui avait davantage brûlé. Ceci nous a confirmé le lieu du départ du feu, là où nous avions vu des flammes au moment où nous nous sommes réveillés. Il se trouve que c’est aussi l’endroit le plus accessible de l’extérieur.

 

La deuxième hypothèse, celle des experts de la police scientifique, soit la propagation d'une combustion lente à travers l’isolation de paille, depuis le poêle jusqu’au coin Sud de la maison, est invraisemblable. Car il se trouvait sur ce chemin plusieurs poutres cloisonnant la paille et ne pouvant pas être « traversées » par un front de combustion lente.

 

Nous avons communiqué au juge ces réfutations, ainsi que nos explications et analyses chimiques qui convergent vers l'évidence d'un incendie criminel. Non seulement rien n'a été reconnu comme preuve par la justice, mais maintenant tout est balayé par cette affirmation indiscutable: « L’incendie de la maison de paille était un accident. »

 

Nous avons construit cette maison pour inciter les gens à prendre leur destin en main, de manière radicalement écologique. La situation a démontré les contradictions de ce capitalisme « vert », où la spéculation immobilière et la démesure urbanistique ne cessent d’enfler. Le soutien de la population a été tel, que le pouvoir politique a dû reculer face à l’illégalité de la construction. Dans cette atmosphère tendue, plusieurs politiciens ont appelé de leurs vœux la destruction de la maison. Et l’incendie a été une aubaine pour la Municipalité. Nous pensons que ce contexte n’est pas anodin, et on peut s'interroger sur les raisons de cette négation de la possibilité d'un incendie motivé politiquement.

 

Nous espérons que les gens ne seront pas dupes, pour notre part il ne fait pas de doute que cet incendie était intentionnel. Pour celles et ceux qui voudraient découvrir notre version des faits, nous préparons depuis deux ans un livre qui raconte toute l’histoire, et qui va paraître au printemps aux éditions La Lenteur. Depuis l’incendie, nous avons continué à promouvoir l’autoconstruction et à pratiquer, de diverses manières, la liberté d’habiter. Nous ne voyons pas ce qu’un recours contre ce non-lieu pourrait amener de nouveau, mais nous tenons à dénoncer la propagation de la « vérité » officielle. Notre révolte, elle, couve toujours.

 

Collectif Straw d’la Bale, 28.9.2010

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