L’INCENDIE DE LA MAISON DE PAILLE...

Publié le par strawdlabale

Vous qui avez suivi, soutenu, visité la maison de paille de Lausanne, nous tenons à vous remercier du fond du coeur, tout d'abord. Et ensuite à vous informer de ce que nous pensons être la vérité.

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Quelques éléments de réponse

Le collectif Straw d’la bale souhaite vous donner sa version des faits concernant l’incendie qui a ravagé la maison le 21 décembre à 4h00 du matin.

Bien que la police et les médias aient très (trop) rapidement privilégié la thèse d’un accident dû au poêle à bois, nous pensons qu’il s’agit d’un incendie criminel, en nous basant sur les éléments suivants.

Les indices...

1. Selon les rescapés de l’incendie, le seul endroit qui brûlait lorsqu’ils se sont réveillés se trouvait au coin sud-est de la maison, dans l’isolation, sous le plancher. A plus de 3 mètres du poêle. A un endroit aisément accessible de l'extérieur.

2. Selon nos observations, sur les décombres, le segment de poutre du plancher le plus attaqué par le feu, se trouve précisément dans ce coin de la maison. Cela indique qu’il a brûlé plus longtemps.

3. Les analyses comparatives au spectromètre de masse que nous avons mandatées montrent clairement des traces d'essence toujours sous le même endroit de la maison, qui était alors entièrtement dégagé.

4. Si l’on suit l’hypothèse officielle d’une braise tombée du fourneau, qui aurait mis le feu en faisant bouronner la paille de l’isolation, le départ de feu aurait été placé près du poêle, entre les poutres centrales, plutôt que dans le coin de la maison.

5. De plus, si la paille avait bouronné, cela aurait généré de la fumée, qui aurait indisposé les habitants, ce qui n’a pas été le cas.

6. Vers 01h00, au moment de se coucher, tout était normal, puis à 03h30 (soit 15 min avant le départ estimé par les pompiers) quand un des habitants s’est relevé, il n’a rien remarqué de spécial.

7. Au moment où ils sont sortis de la maison pendant l'incendie, l’un des habitants a observé que la porte du fourneau était fermée et que rien ne brûlait à l’intérieur de la maison.

8. On a aussi constaté que les meubles disposés près du fourneau n’avaient pas entièrement brûlé. (Notons aussi la disparition miraculeuse du disque dur d'un ordinateur pendant la brève enquête suivant l'incendie...)

L’hypothèse de l'accident se baserait sur 2 suppositions: qu'une braise parvienne à se glisser entre les planches du plancher; qu'elle parvienne à traverser la bande adhésive qui les joignait par dessous et avoir encore suffisamment d'énergie pour enflammer la paille de l'isolation inférieure.

L'espace entre les planches était de 2 mm maximum. Nous avons essayé, par reconstitution, de faire tomber de la braise incandescente, dans une telle fente: rien à faire. Puis de faire tomber une braise de 2mm d’épaisseur sur de la paille : le feu n’a pas pris.

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Pas de paranoïa...

La première chose qui est venue à l’esprit des rescapés était que qu'ils avaient fait quelque chose de faux, ce qui est typique chez les victimes d'évènements violents au moment de l'état de choc. Ce n’est qu’après avoir réfléchi posément et fait les observations ci-dessus qu'ils ont admis avoir été victimes d’un incendie intentionnel, commis par une ou des personnes malveillantes.

De nombreuses personnes n'en ont pas été surprises, au vu de la médiatisation extrême dont la maison de paille a été l’objet. Certains médias et politiciens avaient appelé de manière répétitive à la destruction de la maison, rendant quasiment légitime aux yeux de certains la mise à feu de cet objet illégal. Rappelons que le 20 décembre, les journaux rendaient publique la décision de la municipalité de reporter le délai d’évacuation au mois de janvier.

Drôle d’enquête...

Nous déplorons que la police judiciaire ait pris les dépositions des rescapés alors qu’ils étaient encore en état de choc, voire médicalisés sous morphine. En fin de matinée, quelques heures après l'incendie, elle privilégiait déjà l'hypothèse de l'accident.

La police n’a pas fait d’appel à témoin, quand bien même la vie de deux personnes a été mise en danger. Suite à tous ces éléments, les rescapés de l’incendie ont porté plainte le 27 décembre pour incendie volontaire, lésions corporelles et mise en danger de la vie d’autrui. Ils appellent toutes les personnes qui auraient été témoin de quelque chose cette nuit-là à se manifester auprès de la police et du collectif Straw d’la Bale.

Mi-janvier, nous avons rendu public les éléments de notre enquête, suite de quoi, le juge d’instruction a cru bon de réactiver la sienne. Reste à savoir si ses investigations ne seront pas de la simple diversion.

A qui profite le crime...

Le 10 janvier, la municipalité a tenté de se débarrasser de ce qui restait de la dynamique créée par la maison de paille en discréditant les constructeurs, et en rompant toute négociation, présente ou à venir avec le collectif Straw d’la bale. La municipalité a annulé le rendez-vous au cours duquel nous devions présenter un projet de maison de paille plus grande, alors qu'elle était censée donner des précisions sur les terrains où pourrait se réaliser cette construction. Cette attitude qui consiste à se saisir de l'hypothèse qui l'arrange, comme le prétexte qu'elle attendait, alors que l'enquête n'est pas close, dénote d'un opportunisme révoltant. En nous traitant de «fumistes», de menteurs et d'incompétents, Brélaz en profite pour dénigrer toute démarche expérimentale qui ne sortirait pas des laboratoires de l'EPFL ou de l'UNIL.

Cependant nous continuons à oeuvrer à la réalisation de ce nouveau projet qui veut mêler habitat vernaculaire et non nuisible, vie communautaire et ateliers, malgré l'hostilité d’une classe politique bétonneuse. Le premier pas dans ce sens est d'établir la vérité sur l'incendie.

Le collectif Straw d'la Bale

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